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Impressions d'Uruguay

Décembre 2021

Oscar au bord de la côte uruguayenne au coucher du soleil
Oscar au bord du Rio de la Plata : une arrivée sud-américaine encore incertaine, entre reprise du voyage et menace de fermeture des frontières.

Nous étions destinés à arriver en Uruguay un jour férié. Pour resituer l'affaire dans son contexte, on rappellera qu'on se situait à ce moment juste au début de la fin de la crise du Covid, mais personne ne le savait encore exactement.

Après un relatif assouplissement des obligations vaccinales et des restrictions de voyage à la mi-2021, il y eut une explosion des cas de maladie en décembre. Le niveau de létalité de cette nouvelle vague fut exceptionnellement faible par rapport aux vagues précédentes, et ne se traduisit finalement pas par un retour trop brutal des fermetures de pays. Mais à ce moment-là, il était impossible de connaître la fin de l'histoire, et les épisodes de blocage frustrants liés à la pandémie étaient encore dans toutes les mémoires.

L'Argentine avait fermé ses frontières sans interruption de mars 2020 à novembre 2021. Une véritable épée de Damoclès menaçait donc la poursuite de notre voyage. Nous avions pris soin, dans le cours de l'été, de nous faire vacciner, ce que nous aurions choisi de ne pas faire si cette mesure n'était pas devenue une condition impérative du voyage en Amérique du Sud pour l'année 2022.

Nous avions aussi pris la décision cruciale de faire traverser l'océan Atlantique à Oscar, décision prise en novembre pour une exécution en décembre, en jugeant que le rapport risques/avantages en valait la peine.

Fin décembre, au moment de nous rendre à Montevideo pour retrouver notre fourgon, nous avons vu la courbe de la pandémie exploser. Les familles longtemps séparées et les voyageurs désireux de reprendre les routes du monde créaient une forte demande sur les billets d'avion, et les prix s'en ressentaient.

Courbe de Covid au moment de la décision de faire traverser Oscar
La décision de faire traverser Oscar s'est prise dans une fenêtre d'incertitude, avant l'explosion de la vague Omicron.

Le niveau des tarifs sur l'ensemble des vacances scolaires de fin d'année était décourageant, et nous avions initialement réservé un vol pour le 31 décembre, qui proposait le prix le plus accessible du fait de l'obligation conséquente de passer le jour de l'an en vol. Mais vers le 20 décembre, au vu de la vitesse à laquelle la nouvelle vague de Covid croissait, nous avons décidé d'anticiper notre départ au jour de Noël.

Oscar devait arriver aux alentours du 28 décembre. Plutôt que ce soit lui qui nous attende au port, c'est donc nous qui l'avons attendu à Montevideo pendant quelques jours. Ce n'était pas plus mal : cela nous a donné l'occasion de découvrir la ville, une ville intermédiaire, plutôt agréable dans certains de ses aspects — tango de rue, street art spectaculaire, climat agréable — et de prendre contact en douceur avec l'Amérique du Sud.

Street art à Montevideo
Immeubles de Montevideo
Portrait mural dans les rues de Montevideo
Manu devant une fresque d'oiseaux
Fresque colorée à Montevideo

Dans l'ensemble, les formalités de port se sont plutôt bien passées. Nous n'avons pas vu arriver au loin le bateau transportant Oscar, malgré le tracking disponible sur internet ; nous l'avons raté visuellement à une ou deux heures près. En revanche, pratiquement au jour près, nous avons pu récupérer notre fidèle compagnon, en bon état de marche.

Il avait été « visité », c'est-à-dire cambriolé, mais sans grand dommage : deux chapeaux achetés en Namibie, souvenir de notre inoubliable périple à Solitaire, un mug, un cordon électronique. Frustrant, bête, mais de peu de conséquence, surtout par rapport aux dommages autrement importants subis par d'autres voyageurs rencontrés par la suite, par exemple la petite famille d'Anne-Line, qui allait nous accompagner pendant une bonne partie de notre parcours sur les six mois à suivre.

Montevideo au soir
Montevideo, première grande ville sud-américaine de ce nouveau chapitre du voyage.

Le jour même de la récupération d'Oscar, nous avons repris la route, un peu surpris au début par le fait de circuler à nouveau à droite, après deux saisons à rouler à gauche en Afrique australe. Nous sommes immédiatement partis vers l'Est, pour profiter un peu de la route côtière.

La route était agréable et en bon état, pas très belle ni très typique, mais elle nous a menés vers une série de stations balnéaires familiales ou huppées culminant à Punta del Este, plage haut de gamme faite de hauts immeubles de verre et d'acier dominant une jolie baie en arc-de-cercle. C'est là que nous avons passé le réveillon du nouvel an, émerveillés, autour de minuit, par les dizaines, pour ne pas dire les centaines de feux d'artifice s'égrenant le long de la plage sur des kilomètres à la ronde.

Coucher de soleil rouge sur la côte uruguayenne
Statue équestre devant une façade vitrée
Coucher de soleil sur la plage

Tous les jours, nous surveillions les chiffres du Covid, toujours plus inquiétants. Le risque d'une fermeture complète des frontières, potentiellement à effet immédiat, nous paraissant toujours plus imminent, nous avons rapidement fait demi-tour pour nous précipiter à la frontière avec l'Argentine, de l'autre côté du Rio de la Plata.

Si bien que nous n'aurons passé en tout et pour tout qu'une petite semaine dans le pays, sans avoir évidemment eu le temps de nous faire une opinion bien précise sur celui-ci. Nous ne pouvons donc qu'accréditer l'opinion communément admise à son sujet : l'Uruguay est un petit État tampon entre ses deux voisins géants que sont le Brésil et l'Argentine, et il joue habilement de cette situation, comparable, en moins prononcé, à celle de Monaco.

C'est un pays riche et développé, où le coût de la vie et la sécurité sont plus élevés, un pays plus blanc aussi, et un lieu de villégiature où se retrouvent les familles aisées descendant du sud du Brésil ou montant du nord de l'Argentine.

Nous en garderons un bon souvenir un peu vague. L'Uruguay n'aura clairement été pour nous qu'un pays de passage, sur la route d'aventures beaucoup plus spectaculaires promises par l'Argentine voisine.