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Impressions d'Équateur

2022 / 2023

Toucanet dans la forêt de Mindo
Mindo : l'un des plus beaux souvenirs visuels de notre passage en Équateur.

L'Équateur n'était pas, au départ, un pays que nous avions particulièrement prévu de découvrir. Comme beaucoup de voyageurs qui remontent les Amériques par la route, nous y sommes surtout passés parce que notre itinéraire nous y conduisait naturellement. Lorsqu'on choisit de suivre le versant occidental des Andes plutôt que de traverser le Brésil et l'Amazonie, le passage par l'Équateur devient pratiquement incontournable.

Nous pensions donc simplement traverser un pays de transition avant de poursuivre vers la Colombie. Finalement, nous y avons passé beaucoup plus de temps que prévu et nous avons découvert un pays qui mérite sans doute qu'on s'y attarde. À bien des égards, l'Équateur est un condensé de l'Amérique du Sud. Malgré sa superficie relativement modeste, on y retrouve une grande diversité de paysages. Les volcans dominent les hauts plateaux andins, les vallées agricoles succèdent aux forêts tropicales, il est possible de rejoindre l'Amazonie en quelques heures de route et la côte pacifique possède une identité complètement différente. Les populations amérindiennes restent très présentes, aussi bien dans les campagnes que sur les marchés, où les vêtements traditionnels sont encore largement portés au quotidien.

Notre première traversée du pays a pourtant été particulièrement rapide. Après avoir franchi la frontière sud, nous avons traversé la région de Guayaquil sans véritablement nous arrêter. La chaleur était étouffante, les moustiques omniprésents et nous étions surtout pressés de rejoindre le nord du pays. Comme chaque année, nous devions rentrer quelques mois en France et nous cherchions un endroit sûr où laisser Oscar pendant notre absence.

Avant de rejoindre la Finca Sommerwind, nous avons tout de même effectué une étape qui reste probablement notre plus beau souvenir naturel du continent équatorien. Après un rapide arrêt à la Mitad del Mundo, le célèbre monument censé matérialiser la ligne de l'équateur, nous avons poursuivi notre route vers Mindo.

Je dois reconnaître que la Mitad del Mundo nous a laissés assez indifférents. Le monument lui-même est plutôt quelconque et les animations proposées autour des prétendus effets physiques de la ligne équatoriale – eau qui changerait de sens, œufs qui tiendraient debout ou autres curiosités du même genre – relèvent davantage du folklore touristique que de la science.

En revanche, Mindo nous a véritablement émerveillés. Nichée au cœur d'une forêt de nuages presque constamment baignée de pluie, cette petite région est l'un des plus beaux sites d'observation ornithologique que nous ayons découverts au cours de notre voyage, avec le Costa Rica. Pendant deux jours, nous avons parcouru plusieurs observatoires aménagés au niveau de la canopée. Depuis ces balcons dominant la forêt, il suffisait de patienter devant les mangeoires pour voir arriver une incroyable diversité d'oiseaux vivant en totale liberté.

Les toucans et les toucanets étaient les vedettes du spectacle, mais ils étaient loin d'être les seuls. Colibris, tangaras et une multitude d'autres espèces multicolores se succédaient presque sans interruption. Nous n'y avons pas observé de grands rapaces ni de mammifères spectaculaires, mais la profusion de couleurs, la proximité des oiseaux et l'atmosphère de cette forêt tropicale ont largement compensé cette absence. Avec le recul, Mindo reste sans doute le plus beau souvenir visuel que nous gardons de l'Équateur continental.

Oiseau coloré à Mindo
Oiseau multicolore à Mindo
Colibri à Mindo
Oiseau jaune et noir à Mindo

C'est dans ces circonstances que nous sommes arrivés à la Finca Sommerwind, près d'Ibarra. Pour les voyageurs qui parcourent les Amériques, cette adresse est presque une institution. Située non loin de la route panaméricaine, la propriété appartient à Hans, un Allemand installé depuis de nombreuses années en Équateur, désormais marié à une équatorienne. Avec le temps, ils ont créé davantage qu'un simple camping. La finca est devenue un véritable lieu de rencontre où se croisent des voyageurs venus des quatre coins du monde. Beaucoup s'y arrêtent quelques jours pour souffler, réparer leur véhicule ou préparer la suite de leur itinéraire. Certains y restent plusieurs semaines.

L'ambiance est particulière. Hans a conservé une partie de ses racines allemandes en aménageant un Biergarten où les voyageurs se retrouvent volontiers le soir. On y échange des conseils, des itinéraires, des informations sur les frontières ou les pistes, et il n'est pas rare de revoir plusieurs fois les mêmes équipages au fil du voyage. Nous avions prévu d'y passer une petite semaine avant de prendre notre avion. Les événements en ont décidé autrement.

Quelques jours après notre arrivée, l'Équateur a été paralysé par un vaste mouvement de contestation. Des barrages routiers ont été installés dans une grande partie du pays et les principaux axes sont devenus impraticables. Les manifestations étaient largement soutenues par certaines organisations indigènes. Comme souvent dans ce type de crise en Amérique latine, les analyses divergeaient sur leurs causes profondes (politiques, économiques, mafieuses?) et sur les influences extérieures qui pouvaient les alimenter (vénézuélienne, colombienne?) Toujours est-il que, pour nous, le résultat était très simple : il devenait impossible de rejoindre Quito.

Nous ne nous sommes jamais sentis en danger dans le camping. Les manifestants n'avaient aucune raison de venir jusque-là, même si les premiers barrages n'étaient qu'à quelques kilomètres. En revanche, il était devenu impossible de circuler.

Dans cette situation, Hans s'est révélé d'une aide remarquable. Il passait une bonne partie de ses journées au téléphone afin de recouper les informations provenant de tout le pays. Tous les jours, il réunissait les voyageurs présents pour faire un point complet sur la situation. Les itinéraires étaient étudiés, les rumeurs vérifiées, les risques évalués avec beaucoup de calme. Cette organisation très rigoureuse nous a permis de vivre cette période avec une certaine sérénité.

Par curiosité autant que par nécessité, je suis même allé avec Hans jusqu'à l'un des barrages afin de discuter avec les manifestants. Nous espérions obtenir une autorisation exceptionnelle pour rejoindre l'aéroport de Quito. La discussion est restée plus ou moins courtoise, mais notre demande a été refusée sans appel. Nous avons aussi dû précipitamment rebrousser chemin après avoir tenté de prendre des chemins de traverse, poursuivis de loin par une bande armée. Nous avons compris que nous allions devoir patienter.

Les jours ont commencé à s'écouler sans que personne ne puisse prévoir l'issue de la crise. Finalement, cette immobilisation forcée a créé une ambiance assez particulière. Les voyageurs ont organisé des activités, des séances de tai-chi ont vu le jour, un ostéopathe local est venu proposer des massages et chacun a essayé d'occuper le temps comme il le pouvait.

C'est aussi pendant cette période que nous avons fait la connaissance d'Elizabeth, une Australienne de soixante-huit ans qui voyageait seule avec son chien à bord de son Toyota hiace. Son enthousiasme et son indépendance nous ont impressionnés au point que nous lui avons consacré plus tard une vidéo entière sur notre chaîne YouTube.

Nous pouvions malgré tout effectuer quelques déplacements autour d'Ibarra. Ces petites escapades étaient l'occasion de faire les courses, de découvrir les environs ou simplement de rompre la monotonie. Nous sommes par exemple allés déjeuner au bord du lac voisin avec Jordi et Nina, un jeune couple néerlandais à la jeunesse sympathique. Les restaurants locaux servaient d'excellents tilapias, une spécialité de la région qui nous a laissé un bon souvenir.

Cette attente nous a également permis de rencontrer les mécaniciens qui devaient assurer l'entretien d'Oscar pendant notre retour en France. À ce moment-là, nous étions loin d'imaginer que nous aurions quelques mois plus tard des discussions beaucoup plus animées avec eux...

Après plusieurs semaines de blocage, Hans a finalement trouvé une solution. Grâce aux nombreuses informations qu'il avait recueillies, il a organisé un départ de nuit en taxis par un itinéraire secondaire qui contournait les principaux barrages. Cette route traversait une région réputée plus sensible, mais Hans connaissait suffisamment bien le pays pour estimer que le risque restait raisonnable.

Nous avons décidé de tenter notre chance. Le trajet s'est déroulé sans incident malgré quelques moments de tension. Les véhicules étaient chargés au maximum, nous avons roulé toute la nuit et nous avons finalement atteint Quito sans rencontrer le moindre barrage.

Le hasard nous a réservé une dernière surprise. Quelques heures seulement après notre arrivée dans la capitale, les barrages ont été levés dans tout le pays. Si nous avions attendu une journée de plus, nous aurions probablement pu rejoindre Quito tout aussi facilement.

Avec le recul, cette mésaventure nous a finalement apporté autant qu'elle nous a fait perdre. Elle nous a permis de vivre plusieurs semaines au sein d'une véritable communauté de voyageurs, de faire des rencontres qui comptent encore aujourd'hui et de découvrir une facette de l'Équateur que très peu de touristes ont l'occasion de connaître.

Voyageurs réunis à la Finca Sommerwind
À la Finca Sommerwind, l'immobilisation forcée s'est transformée en vie collective de voyageurs.

Surtout, cette longue période d'attente nous a laissé le temps de réfléchir. Depuis plusieurs semaines, nous hésitions à consacrer quelques jours aux Galápagos avant de rentrer en France. Les circonstances nous ont finalement convaincus de franchir le pas. Au lieu de prendre directement notre avion pour Paris, nous avons décidé de terminer cette première découverte de l'Équateur par quelques jours dans cet archipel mythique perdu au milieu du Pacifique.

Retour en Équateur

Nous sommes revenus en Équateur au début de l'année 2023 afin de récupérer Oscar avant de poursuivre notre remontée vers la Colombie. Nous pensions à nouveau ne rester que quelques jours à la Finca Sommerwind, le temps de vérifier que tout était en ordre et de reprendre la route. Mais là encore, les choses se sont passées autrement.

Les réparations qui avaient été confiées à un mécanicien local pendant notre absence étaient loin d'être satisfaisantes. Comme cela arrive parfois en Amérique latine, les promesses étaient nombreuses mais les rendez-vous beaucoup moins. Le mécanicien annonçait régulièrement son passage, puis disparaissait pendant plusieurs jours avant de réapparaître avec une nouvelle explication. Il a fallu faire preuve d'une certaine patience pour obtenir qu'il reprenne une partie de son travail.

Cette attente forcée nous a permis de retrouver l'atmosphère si particulière de la Finca Sommerwind.

Nous avons d'abord retrouvé Marcus, un voyageur allemand que nous avions déjà croisé à plusieurs reprises au cours des mois précédents. Il voyage seul au volant d'un imposant camion Man aménagé et reste toujours très discret sur sa vie privée. Pourtant, dès nos premières conversations, nous avons eu le sentiment de partager une vision du monde compatible, quoique différente. Nous ne nous sommes finalement rencontrés que quelques fois au cours de notre périple, mais chacune de ces rencontres a laissé l'impression de retrouver un vieil ami.

Nous avons également fait la connaissance de Paul et Alexandra, un couple d'Autrichiens discrets à l'histoire complexe, avec qui nous sommes toujours restés en contact depuis. Puis sont arrivés Isabella et Pedro, avec qui nous avons noué des relations affectives simples et immédiates. Pedro est un excellent mécanicien, passionné par tout ce qui touche aux véhicules, tandis qu'Isabella possède une énergie communicative qui rend sa compagnie particulièrement agréable. J'ai d'ailleurs eu le plaisir de les revoir plusieurs années plus tard, en Allemagne, preuve que certaines rencontres de voyage dépassent largement le simple hasard d'une étape.

C'est également à cette époque que nous avons rencontré Sandrine et Vincent. Ils possèdent une finca en Colombie où ils produisent leur propre café. Quelques semaines plus tard, après avoir franchi la frontière, nous leur avons rendu visite et découvert leur exploitation, à laquelle nous avons consacré un épisode vidéo sur notre chaîne Youtube.

Comme lors de notre premier séjour, Hans ne manquait jamais d'idées pour nous faire découvrir son pays. Un jour, il nous a proposé de partir explorer la côte pacifique. Nous avons immédiatement accepté. Nous étions cinq : Hans, Isabella, Pedro, Isabelle et moi. Pedro s'est même retrouvé une partie du trajet derrière le volant (d'un vieux 4x4 assez mal en point), sous le regard attentif de Hans, qui avait, si je me souviens bien, un problème de permis de conduire qui le faisait préférer la position de passager.

Cette excursion nous a fait découvrir un tout autre Équateur.

La région d'Esmeraldas possède une réputation particulière. La proximité de la frontière colombienne et l'ouverture sur l'océan Pacifique en font depuis longtemps une importante zone de contrebande. Il ne s'agit pas uniquement de trafic de drogue, comme on l'imagine souvent depuis l'Europe, mais de toutes sortes de marchandises qui circulent discrètement entre les deux pays. Cette économie parallèle fait vivre une partie de la population et chacun semble connaître son existence sans vraiment en parler.

Pour un voyageur, cela signifie simplement qu'il vaut mieux rester discret et éviter de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Nous avons surtout découvert une côte contrastant entièrement avec les hauts plateaux andins. Les plages alternent avec les mangroves, les lagunes et les estuaires. Dans plusieurs villages, la population est presque entièrement d'origine africaine. Les habitants vivent essentiellement de la pêche et les rythmes de vie paraissent encore largement dictés par la mer.

Ecolière
Portrait sur la côte équatorienne
Enfant à la fenêtre
Portrait sur la côte équatorienne

Hans connaissait déjà bien cette région, mais il la parcourait toujours avec curiosité. Il possède ce goût très germanique de l'exploration méthodique. Dès qu'un lieu l'intrigue, il éprouve le besoin d'aller le voir par lui-même, même s'il ne présente aucun intérêt touristique particulier.

C'est grâce à lui que nous avons découvert quelques endroits improbables : un habitant qui avait transformé sa maison en étrange musée où s'accumulaient les objets les plus divers, des hameaux perdus entre les lagunes ou encore plusieurs plages quasiment désertes où nous n'aurions probablement jamais pensé nous arrêter.

L'un des moments les plus amusants de cette excursion a pourtant été un trajet en train. Il ne s'agit pas d'un train touristique, mais d'un ancien petit train utilisé pour l'exploitation forestière. La ligne serpente entre les collines et la côte, et le matériel roulant semble avoir largement dépassé l'âge de la retraite. Une unique voiture motorisée par un vieux moteur diesel assure le service. Les déraillements paraissent presque faire partie du fonctionnement normal de la ligne et, lorsqu'il faut faire demi-tour, tout se fait avec des moyens extrêmement rudimentaires. Cette balade ferroviaire, de surcroit réalisés sous une pluie diluvienne, avait quelque chose de totalement surréaliste et nous avons beaucoup ri en filmant les différentes péripéties.

Vieux véhicule dans la forêt sous la pluie
Cascade dans la forêt
Groupe lors de l'excursion vers Esmeraldas

Ce deuxième séjour en Équateur nous a finalement permis de découvrir un pays encore plus varié que nous ne l'avions imaginé lors de notre premier passage. Entre les façades coloniales de la ville de Quito, les hauts volcans sur l'horizon, les rencontres de la Finca Sommerwind et cette étonnante côte pacifique, c'est avec le sentiment d'avoir enfin commencé à le connaître un peu mieux que nous avons quitté l'Équateur à la fin du mois de janvier 2023.

Addendum : les Galápagos

Les Galápagos méritent presque une page à elles seules. Pourtant, comme elles font administrativement partie de l'Équateur, il nous paraît logique d'en parler ici.

Notre départ pour les Galápagos s'est d'ailleurs fait dans des circonstances assez improbables. Lorsque nous sommes enfin arrivés à Quito après notre périple nocturne à travers les barrages, nous n'avions encore rien organisé. Nous avions simplement réservé une chambre d'hôtel pour la nuit, persuadés que nous allions bientôt acheter un billet de retour vers la France.

C'est en réfléchissant en fin de journée à la suite des opérations que nous avons réalisé qu'une occasion unique se présentait à nous. Puisque nous étions déjà en Équateur, pourquoi ne pas profiter de cette présence inattendue pour découvrir enfin les Galápagos ? Personne ne nous attendait immédiatement en France, du fait des circonstances liées au blocage du pays que toute notre famille connaissait par nos échanges réguliers. Quelques minutes plus tard, notre décision était prise.

Tout s'est alors enchaîné à une vitesse incroyable. Nous avons appelé un taxi, préparé nos bagages en quelques minutes et rejoint l'aéroport dans une véritable course contre la montre. Nous avons acheté le billet sur place, à l'aéroport, après que l'agent commercial nous ait confirmé que, du fait d'un léger retard au décollage, il était encore temps d'embarquer. Si mes souvenirs sont exacts, moins de deux heures se sont écoulées entre le moment où nous avons pris notre décision et celui où nous nous sommes retrouvés assis dans l'avion.

En plus de soixante ans de vie, je ne crois pas avoir jamais pris un avion aussi peu de temps après en avoir acheté le billet. C'était une décision totalement improvisée, prise presque sur un coup de tête, alors que rien n'était encore organisé. Avec le recul, cette spontanéité a sans doute largement contribué à l'excitation que nous avons éprouvée en découvrant cet archipel dont nous parlions depuis si longtemps.

Au moment où, dans cette improvisation complète donc, nous avons décidé d'y partir, une question immédiate se posait tout de même : fallait-il découvrir l'archipel en croisière ou organiser le voyage par nos propres moyens ? Les croisières permettent d'accéder à des sites plus éloignés, mais leur prix est particulièrement élevé. Nous avons finalement préféré une formule plus simple, consistant à séjourner successivement sur trois îles principales : Santa Cruz, Isabela et San Cristóbal.

Avec le recul, nous ne regrettons pas ce choix. Les liaisons maritimes entre les îles sont faciles à organiser et permettent déjà de découvrir une bonne partie de la diversité de l'archipel. Nous sommes arrivés à Santa Cruz avant de rejoindre Isabela puis San Cristóbal, d'où nous avons repris l'avion vers Quito avant notre retour en France.

Notre première impression a pourtant été assez mitigée. Les Galápagos sont une destination exceptionnellement chère. Les hébergements restent raisonnables lorsqu'on accepte un certain niveau de simplicité, mais la plupart des excursions atteignent rapidement des tarifs qui dépassent largement notre budget habituel de voyageurs au long cours. Nous avons donc soigneusement sélectionné celles qui nous paraissaient vraiment incontournables.

À Santa Cruz, nous avons notamment découvert le ranch El Chato, où vivent les célèbres tortues géantes (c'est l'une des seules excursions pédestres possibles sur l'île, donc l'une des moins chères), ainsi que l'île de North Seymour lors d'une excursion en bateau. Bien sûr, observer les animaux dans leur environnement naturel reste un privilège, mais nous avons malgré tout éprouvé une légère déception. Sans doute nos attentes étaient-elles devenues trop importantes après tant d'années à entendre parler des Galápagos.

Tortue géante aux Galápagos
Tortue géante
Tête de tortue géante
Frégate superbe
Fou à pieds bleus

Isabela nous a davantage séduits. Les paysages y sont plus sauvages et les animaux paraissent encore plus proches. Les excursions vers Los tuneles et Las Tintoreras, mais aussi les promenades jusqu'aux plages nous ont permis d'observer de nombreux iguanes marins, des otaries, des requins dormeurs et une multitude d'oiseaux.

Iguane marin aux Galápagos
Iguane marin
Loutre de mer
Iguane terrestre
Crabe rouge des Galápagos

C'est finalement San Cristóbal qui nous a laissé les meilleurs souvenirs. Nous avons effectué une excursion autour de l'île qui nous a conduits jusqu'au fameux Kicker Rock. Cet impressionnant piton rocheux émerge brutalement de l'océan et constitue l'un des paysages emblématiques des Galápagos.

Kicker Rock aux Galápagos
Kicker Rock, l'un des paysages les plus reconnaissables de San Cristóbal.

Mais, paradoxalement, ce n'est pas cette sortie organisée que nous avons préférées. Les plus beaux moments ont été ceux que nous avons passés à pied au départ de notre logement à Puerto Baquerizo Moreno. Les petites plages de Punta Carola, Playa Mann ou Playa de Oro permettent d'approcher très facilement les otaries et les iguanes marins, qui vivent ici dans une étonnante familiarité avec l'homme. Nous avons passé de longues heures à simplement les observer, à les photographier ou à les regarder jouer dans les vagues. C'est probablement cette proximité permanente avec la faune qui constitue la véritable richesse des Galápagos.

Otaries sur la plage
Jeune otarie
Otaries sous l'eau
Raie dans l'eau bleue
Observation des otaries sur la plage

Notre impression générale reste néanmoins contrastée. Nous comprenons parfaitement pourquoi cet archipel bénéficie d'une réputation mondiale. Peu d'endroits permettent d'observer une faune aussi abondante dans un environnement aussi bien préservé. En revanche, nous avons parfois eu le sentiment que cette réputation entretenait aussi une forme de tourisme de demi-luxe qui ne correspond pas vraiment à notre manière de voyager. Tout semble organisé autour d'activités coûteuses et l'on ressent parfois davantage la pression économique que l'esprit d'aventure.

Cela ne nous empêche évidemment pas de recommander cette destination. Simplement, nous pensons qu'il vaut mieux y venir en connaissant ses contraintes et en acceptant que les Galápagos ne ressemblent pas au paradis sauvage et totalement libre que l'on imagine parfois avant le départ.

Les "J'aime / J'aime pas" de Manu en Équateur

J'ai aimé

  • Les observatoires ornithologiques de Mindo. Pour moi, c'est le plus beau site d'observation des oiseaux que nous ayons découvert pendant notre voyage, avec le Costa Rica. La diversité des espèces, leurs couleurs et la proximité avec laquelle on peut les observer dans la canopée rendent cette étape absolument incontournable.+++
  • Les Galápagos. Malgré leur coût élevé, la proximité avec les otaries, les iguanes marins et les tortues géantes reste une expérience exceptionnelle.++
  • L'atmosphère unique de la Finca Sommerwind, bien davantage qu'un simple camping : un véritable lieu de rencontre pour les voyageurs au long cours.+
  • Les rencontres. Elizabeth, Marcus, Paul et Alexandra, Pedro et Isabella... L'Équateur est l'un des pays où nous avons noué le plus d'amitiés durables.+
  • La diversité des paysages, qui permet de passer en peu de temps des volcans andins aux forêts tropicales, puis à la côte pacifique.+
  • La côte d'Esmeraldas, pour son ambiance afro-équatorienne, ses mangroves et son caractère encore peu touristique.+

J'ai moins aimé

  • - Les blocages qui ont paralysé le pays pendant plusieurs semaines. Même si cette mésaventure s'est finalement révélée riche en rencontres, elle a profondément bouleversé notre programme.
  • - Les réparations mécaniques (mal) réalisées pendant notre absence, qui nous ont obligés à prolonger notre second séjour beaucoup plus longtemps que prévu.
  • - Le coût très élevé des Galápagos. Les excursions sont souvent hors de prix pour un voyageur au long cours et donnent parfois le sentiment que l'aspect commercial prend le pas sur la découverte.

Si c'était à refaire...

Je consacrerais davantage de temps au continent équatorien lui-même. Nous avons finalement assez peu exploré les Andes, les marchés traditionnels ou les randonnées volcaniques, alors que le pays largement plusieurs semaines de découverte.

Je retournerais sans hésiter à la Finca Sommerwind, autant pour retrouver son ambiance que pour revoir Hans et tous ceux qui font vivre ce lieu devenu incontournable pour les voyageurs des Amériques.

Aux Galápagos, je restreindrais encore mon choix pour ne séjourner qu'à San Cristobal.